La citoyenneté économique peut-elle sauver l'avenir ?
Benoît Hamon, Éditions des Équateurs Essais 16 Février 2022
Cet ouvrage collectif orchestré par Benoit Hamon, ancien ministre et candidat à l’élection présidentielle, partage des contributions de sociologues, philosophe, chefs d’entreprises, économistes, responsable de mutuelle, syndicat, banque, acteurs de l’économie sociale et solidaire ; sur la question de la citoyenneté économique du salarié, et de l’entreprise.
Alors qu’aucune loi ne définit la citoyenneté, sa définition classique (Montesquieu, Rousseau) la désigne comme « le statut politique de l’individu ». La citoyenneté économique possède un fondement politique et un fondement économique, elle est en construction.
L’agent économique, principalement étudié dans ce livre, est l’entreprise, en tant que société non financière et financière, qui dans son objet « moderne » a déjà une dimension politique. Une entreprise pour appréhender les défis de son temps serait citoyenne à l’intérieur comme à l’extérieur. Il n’y a donc plus, comme l’énonçait Milton Friedman en 1970 « une et une seule responsabilité des affaires -utiliser ses ressources financières et engager des activités destinées à accroitre ses profits ».
Et comme on ne peut construire une société sur le simple « dogme » de la « main invisible », cet ouvrage rassemble les attentes et demandes de ces différents acteurs de la promotion de la citoyenneté économique, riches de leurs diversités.
Les auteurs présentent certaines pistes par des exemples éprouvés pour développer la citoyenneté économique dans nos organisations. Et les résultats sont « stupéfiants » que ce soit, par exemple, sur les relations clients, l’adhésion aux décisions de l’entreprise, la gestion de la conflictualité par des moyens démocratiques, l’ouverture au dialogue.
Idées principales ceuillies
- Définition et évolution de la citoyenneté économique
- Dépassement du modèle de Milton Friedman
- Bénéfices concrets de la démocratie en entreprise
- Mise en garde contre les dérives (Moralisme et Crédit Social)
Conclusion
Citons Jean Jaurès pour qui la République était une « Assemblée de Rois » et Laurence Ruffin, co-autrice qui qualifie son entreprise, une SCOP, de « petite république » ouverte sur le monde. Cet ouvrage nous invite à entrer dans cette démarche citoyenne et économique « après être passé de l’économie du salut – du XIe siècle- au salut par l’économie ». Tout en prenant garde, comme le souligne certains auteurs de ne pas succomber à la morale, ou au totalitarisme du « crédit social » à la chinoise en notant et catégorisant les entreprises.